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NOUVEAU MEMBRE
Quelles sont les règles de l'Association ? L'absence de lois, de règles ou d'obligations est l'un des traits uniques et caractéristiques de A.A. tant à l'échelon du groupe qu'au niveau mondial. Aucun règlement ne force un membre à participer à un
certain nombre de réunions dans une période donnée. Il est entendu, et ceci est l'une des traditions orales dans la plupart des groupes, que tout membre encore ivre et tapageur au point de troubler la marche d'une assemblée, sera invité à s'en aller; cependant, ce même membre sera toujours le bienvenu s'il accepte de rester coi. Les membres iront même plus loin. Ils essayeront de le rendre sobre s'il manifeste un sincère désir d'arrêter de boire.
Qu'est-ce qu'il en coûte pour être membre d'A.A. ? L'adhésion au mouvement n'entraîne aucune obligation financière. Le programme de rétablissement de l'alcoolique est à laportée de tous ceux qui ont un désir honnête d'arrêter de boire, qu'ils soient
millionnaires ou sans le sou. Lors des réunions, les groupes "passent le chapeau" afin de pouvoir faire face à la location du lieu de réunion et aux autres dépenses: café, sandwiches, pâtisseries et autres. Dans la grande majorité des groupes, une partie de l'argent reçu est volontairement remise au Bureau central de Service pour les services rendus aux échelons national et international. Cet argent est employé exclusivement pour les services destinés à aider les groupes anciens et nouveaux et à diffuser aux milliers d'alcooliques qui ne sont pas encore au courant, le programme de relèvement d'A.A. Il est important de souligner que l'adhésion à A.A. ne demande au membre aucune cotisation à la Société. En fait, certains groupes vont jusqu'à limiter le montant des contributions. Les groupes A.A. doivent entièrement suffire à leurs besoins et refuser toute contribution de l'extérieur.
Y a-t-il beaucoup de femmes alcooliques dans le mouvement? Le nombre de femmes qui font appel aux A.A. pour leurs problèmes avec l'alcool augmente de jour en jour. On estime,aujourd'hui, qu'un groupe compte une femme pour cinq ou six
membres. Elles se recrutent, comme les hommes, à tous les niveaux de la société et dans toutes les phases de la maladie. On croit généralement que la femme alcoolique fait face à des problèmes spéciaux. Le fait que la société est portée à élever la femme sur un piédestal, peut amener certaines femmes à penser que leur usage immodéré de l'alcool les stigmatise plus profondément. A.A. ne fait pas de distinction de ce genre. Quels que soient son âge, sa vie sociale, son état financier ou son éducation, la femme, comme l'homme alcoolique reçoit la même compréhension et le même secours de la part du mouvement. Les femmes A.A. jouent un rôle prépondérant au niveau local. Elles travaillent avec les nouvelles venues et contribuent à l'arrangement et au programme des réunions. Elles font partie intégrante de la fraternité.
Et les jeunes, sont-ils nombreux dans A.A.? L'une des notes les plus encourageantes de la croissance du mouvement est ce fait que les jeunes gens, hommes ou femmes, sont de plus en plus attirés par le programme avant que l'alcoolisme ne les
conduisent au désastre final. Alors que l'on comprend mieux, aujourd'hui, le caractère progressif de l'alcoolisme, ces jeunes reconnaissent, si l'un d'entre eux est alcoolique, que le meilleur moment pour arrêter de boire, c'est au début de la maladie. Aux premiers jours du mouvement, l'on pensait généralement que les seuls candidats logiques étaient ces hommes et ces femmes dépravés qui avaient perdu leur situation, avaient détruit leur foyer ou s'étaient éloignés pendant des années de toute relation sociale normale. Aujourd'hui, beaucoup de membres sont dans la vingtaine. Quelques-uns n'ont pas vingt ans. La majorité cependant se situe dans la trentaine ou la quarantaine. Plusieurs ont conservé leur emploi et leur famille. D'autres n'ont jamais fait de séjour en prison ou dans une maison de santé. Mais ils ont eu un avertissement de la catastrophe prochaine. Ils ont reconnu qu'ils étaient alcooliques et n'ont trouvé aucun avantage à laisser la maladie les amener progressivement à un désastre inévitable. Le besoin de relèvement leur est aussi essentiel qu'aux plus âgés qui n'ont pas eu cette chance de rencontrer A.A. dans leur jeunesse. Au sein du mouvement, jeunes et vieux ont rarement conscience de leur différence d'âge. Chacun édifie une vie nouvelle basée sur la même pierre angulaire: LE DERNIER VERRE. (L'assemblée de groupe est le centre et le cœur de l'association. Cette réunion est, de bien des façons, unique en son genre et peut sembler étrange au nouveau venu. Les questions et les réponses qui suivent expliquent le fonctionnement des réunions A.A. et la manière d'intégrer le nouveau venu dans les cadres d'un groupe).
Le membre A.A. doit-il assister souvent aux réunions ? On demandait, un jour, à Abraham Lincoln: "Quelle doit être la longueur de la jambe d'un homme ?» Sa réponse reste typique:" Assez longue pour atteindre le sol ". Personne n'est tenu
d'assister à un nombre fixe de réunions dans une période de temps déterminée. C'est, tout simplement, matière de besoin ou de préférence individuelle. La plupart des membres s'arrangent pour assister à une assemblée par semaine, au moins. Ils sentent que cela est suffisant pour les maintenir en contact et satisfaire leur besoin personnel. Certains, dans les endroits où cela est possible, assistent aux réunions presque tous les soirs. D'autres, cependant, ne fréquentent aucun groupe durant des périodes plus ou moins longues. L'injonction amicale «Ne cesse de venir aux réunions», si souvent lancée au nouveau venu, est basée sur l'expérience de la majorité des membres qui ont remarqué que la qualité de la sobriété s'atténuait en cas d'absence prolongée aux réunions. Certains savent, par expérience, qu'une trop longue abstention des réunions les entraîne à boire, alors que leur assiduité aplanit les obstacles à la sobriété. Le nouveau venu semble bénéficier, d'une manière toute particulière, de son assiduité à un grand nombre de réunions (ou autres contacts avec A.A.), durant les premières semaines ou les premiers mois de son adhésion à un groupe. En multipliant les occasions de rencontrer et d'entendre d'autres membres dont l'expérience dans la boisson est similaire à la sienne, il semble affermir sa compréhension personnelle du programme et de ses possibilités. Tout alcoolique, à un moment ou l'autre de sa vie, a essayé de demeurer sobre par lui-même. Pour la plupart, la tentative n'a pas été particulièrement heureuse ou réussie. Aussi longtemps que l'assistance aux réunions aide un alcoolique à fortifier sa sobriété et l'aide en même temps à se divertir, il semble donc fort logique de suivre l'exemple de ceux qui ne cessent de revenir aux réunions.
Faut-il qu'un membre assiste aux réunions jusqu'à la fin de ses jours ? Point n'est besoin; cependant - comme un membre l'a déjà suggéré - «la plupart le désirent et certains parmi nous en ont peut-être besoin ». Les alcooliques n'aiment pas se faire dire
qu'ils doivent faire une chose pour une période de longue durée. A première vue, la perspective d'avoir à assister à toutes les réunions d'A.A. pour toutes les années d'un avenir prochain, peut, en vérité, l'épouvanter. La réponse, cette fois encore, est que personne n'a d'obligation dans A.A. On a toujours le choix de faire ou de ne pas faire quelque chose - y compris le choix décisif de rechercher, oui ou non, sa sobriété par le mouvement des A.A. L'alcoolique se doit, d'abord, d'assister aux réunions de son groupe pour s'aider à demeurer sobre "aujourd'hui" - non pas demain, la semaine prochaine ou dans dix ans. Aujourd'hui, l'actuel présent, est la seule période de la vie dont l'A.A. est le maître. Il n'a pas à s'inquiéter du lendemain ou des jours qui lui restent à vivre. Une chose est importante aujourd'hui: sa sobriété. Il s'occupera du futur demain. Ainsi, le membre qui veut faire aujourd'hui ce qu'il faut pour assurer sa sobriété, continuera probablement d'assister aux réunions. Son assiduité aura toujours pour objet le maintien de sa sobriété immédiate. Aussi longtemps qu'il agira ainsi et selon cette conception, aucune de ses activités, même sa fréquentation des réunions d'A.A., ne ressemblera à une obligation à longue échéance.
Où trouverais-je le temps d'assister aux réunions, de travailler avec d'autres alcooliques et de participer aux diverses activités des A.A.?Lorsqu'il buvait et tant qu'il y avait de la boisson, le nouveau venu parvenait toujours à trouver une raison pour
minimiser l'importance du temps; et il est parfois consterné d'apprendre que la sobriété réclame, elle aussi, une part de son temps. En alcoolique typique, il veut regagner le "temps perdu" en vitesse. Il veut s'appliquer diligemment à son travail. Il veut se laisser aller aux joies d'une vie de famille si longtemps négligée. Il se montrera même empressé à se dévouer aux œuvres sociales et religieuses. A quoi bon la sobriété, se dit-il, si je ne puis vivre, de façon intensive, une vie pleine et normale. Pourtant, on ne vit pas A.A. comme on avale une pilule. Il lui faudra tenir compte de l'expérience de ceux qui ont réussi ce programme de relèvement. A peu d'exceptions près, les membres qui jouissent de la plus consolante sobriété sont ceux qui assistent régulièrement aux réunions, qui n'hésitent jamais à secourir d'autres alcooliques ou qui prennent plus qu'un intérêt passager aux activités de leur groupe. Ce sont ces hommes et ces femmes qui, de façon honnête et réaliste, se souviennent des heures de désœuvrement passées au bar, des journées d'ouvrage perdues, du rendement diminué et du remords qui accompagnent les lendemains de cuites. A l'évocation de tels souvenirs, c'est payer bien peu que de passer quelques heures à garantir et à fortifier sa propre sobriété.
Un nouveau venu peut-il se joindre aux A.A. en dehors de son milieu? Cette question est quelquefois posée par des personnes qui peuvent avoir des raisons parfaitement valables de ne pas vouloir être reconnues comme alcooliques par leurs
voisins. Leur employeur, par exemple, peut ne rien connaître du programme de rétablissement d'A.A. et être hostile, en principe, à tous ceux qui admettent avoir un problème de boisson. Ces personnes peuvent désirer profondément s'associer au mouvement comme moyen d'atteindre et de maintenir leur sobriété. Mais elles peuvent hésiter à se joindre à un groupe du voisinage. La réponse est que l'on peut adhérer au groupe A.A. de son choix. Il est évident qu'il est plus commode de fréquenter le groupe le plus proche. Ce peut être aussi la solution la plus juste au problème de l'individu. La personne désireuse d'avoir de l'aide est souvent, pas toujours cependant, assez bien connue comme faisant usage d'alcool. Il est inévitable que la bonne nouvelle de sa sobriété se répandra. Peu d'employeurs ou de voisins seront mécontents d'un mouvement qui est devenu une source de sobriété pour leur employé ou leur ami, que le groupe des A.A. soit situé dans le voisinage ou à cinquante km de distance. Peu de gens aujourd'hui, sont remerciés de leurs services ou mis au ban de la société parce qu'ils sont sobres. Si l'expérience de milliers d'A.A. a un sens, le nouveau venu doit rechercher l'aide du groupe le plus près de chez lui avant de commencer à s'inquiéter des réactions des autres.
Si j'entre dans A.A., vais-je manquer à de nombreux amis et me priver de beaucoup de plaisirs ?
L'expérience des milliers d'A.A., hommes ou femmes, fournit la meilleure réponse à cette question. En général, leur disposition
d'esprit les empêchait de goûter une franche amitié ou un plaisir véritable avant leur entrée dans A.A. Leurs idées ont évolué dans ce domaine. Beaucoup d'alcooliques découvrent que leurs meilleurs amis sont enchantés de les voir faire face à cette réalité d'être incapables de boire. Personne n'aime voir un ami se faire du mal. Naturellement, il est important de savoir distinguer entre l'amitié et les rencontres fortuites d'un bar. L'alcoolique a certainement des connaissances dont la jovialité peut être considérée par méprise comme de l'amitié. Il peut manquer à ces derniers pour un certain temps. Mais il seront bientôt remplacés par ces centaines de membres qu'il rencontre, qui le comprennent, l’acceptent comme l'un des leurs et l'aide à protéger sa sobriété. Peu de membres échangeraient cette joie qui découle de la sobriété contre ce qui leur semblait un plaisir, au temps où ils buvaient.
Qu'est-ce qu'une rechute ? Il peut arriver qu'un homme ou une femme sobre avec l'aide des A.A., s'enivre à nouveau. Dans A.A., un incident de ce genre s'appelle "rechute". Elle peut se produire après les premières semaines ou les premiers mois de sobriété
et même après des années. Presque tous les alcooliques qui ont vécu l'expérience d'une rechute vous diront qu'ils peuvent retracer les causes spécifiques de la rechute. Ils ont, par exemple, oublié de propos délibéré leurs aveux qu'ils étaient alcooliques et péché par présomption dans leur maîtrise de l'alcool. Ou bien, ils se sont abstenus, soit d'assister aux réunions des A.A., soit de conserver un contact spontané avec d'autres A.A., ou ils se sont laissés trop absorber par leurs occupations ou leur vie sociale, oubliant l'importance de la sobriété. Ou ils se sont surmenés et ont été surpris au moment où leurs facultés mentales et émotives étaient engourdies. Pour tout dire, la "rechute" n'est pas l'effet du hasard.
Comment se fait-il que A.A. ne semble pas réussir  pour certaines gens ?Cette question est quelquefois posée par quelqu'un qui a vu un parent ou un ami "essayer" A.A., puis se remettre à boire après une période de sobriété. La réponse est que les A.A.
n'ont de succès qu'auprès de ceux qui admettent leur alcoolisme, qui désirent sincèrement arrêter deboire ; qui sont capables de garder ces faits au premier plan dans leur esprit et en tout temps ! A.A. ne réussira généralement pas chez l'homme ou chez la femme qui garde des réserves sur sa condition d'alcoolique, ou qui se cramponne à l'espoir qu'il pourra un jour boire de nouveau normalement. La plupart des autorités médicales reconnaissent que toute personne alcoolique ne peut plus boire de façon sociable. L'alcoolique doit admettre et accepter cette vérité fondamentale. En outre, le désir sincère d'arrêter de boire doit s'associer à cette admission et à cette acceptation. Sobres par A.A. depuis quelque temps, certains membres sont enclins à oublier qu'ils sont alcooliques, avec tout ce qu'un tel verdict suppose de danger. Leur sobriété les rend trop confiants et ils décident de s'essayer à boire de nouveau. On peut prédire d'avance, pour l'alcoolique, les résultats de telles ambitions. Invariablement, le mal progresse de plus en plus.
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